dimanche 6 décembre 2009

Chronique : BARONESS - Blue Record

Les américains de Baroness nous ont offert en mi octobre leur dernier né. On cueille la fleur, et on la décortique. Il faut dire qu’après le Red Album (paru en 2007), la qualité de la formation n’était définitivement plus à prouver. Et dès que Blue Record démarre, on réalise avec plaisir que la déception ne fait pas partie de leur univers. Il nous ont une fois de plus concocté un Sludge d’une qualité et d’un niveau dont on peut user et abuser sans crainte. Les chants malmenés, parfois torturés, sont à l’image des textes, une nature fanée, en pleine désuétude face aux hommes. Métaphore d’une mélancolie plus que palpable sur les morceaux plus acoustiques comme la sublime Steel That Sleeps The Eye (à l’image de ce qu’était Cockroach En Fleur sur leur album précédent). Un bijou. Nous avons ici les oreille sur une œuvre que l’on nommera comme majeure dans l’histoire du groupe. Et Baroness laisse planer le vague quant à ses textes parfois plus symboliques que limpides. A se procurer très vite.

18/20

Pays : USA
Année de sortie de l'album : 2009
Tracklist :
01 - Bullheads Psalm 02 - The Sweetest Curse 03 - Jake Leg 04 - Steel That Sleeps the Eye 05 - Swollen and Halo 06 - Ogeechee Hymnal 07 - A Horse Called Golgotha 08 - Oer Hell And Hide 09 - War, Wisdom and Rhyme 10 - Blackpowder Orchard 11 - The Gnashing 12 - Bullheads Lament

Chronique : W.A.S.P - Babylon

Alors que nous entrons dans la période qui rend certains de nos membres comparables à des esquimaux, un groupe que l’on ne devrait plus avoir à présenter nous livre sa dernière galette et nous fait frétiller les tympans (et plus si affinité).

Les quatre membres du combo de Heavy Metal américain nous donnent dans ce quatorzième album de quoi nous satisfaire grandement, que ce soit entre la pêche qu’ils envoient sans compter (je pense notamment à Crazy, le titre qui ouvre Babylon, Live To Die Another Day qui le suit, et pour en citer une dernière, Burn), les passages plus axés vers la puissance en terme humain, le côté vainquant (et convaincant) de Babylon’s Burning, le côté très Rock’n’Roll de Promises Land, et c’est sans compter les chants langoureux de Godless Run (auxquels je ne résiste pas) ou encore de la prenante Into The Fire (on remarquera au passage le talent de Blackie Lawless).

A conseiller à tout amateur de Heavy viril, car même s’il ne brille pas dans l’originalité, il n’est pas pour autant comparable à n’importe quel album du genre.

En bref, cet album est l’un de mes coups de cœur du mois, il nous balance la sauce Heavy avec un talent et une technique sans failles, une sorte de terre promise. On démarre l’album, on jouit, il s’arrête, on recommence.


18/20

samedi 5 décembre 2009

Le bûcher : plein feu sur… KATATONIA

En vue du temps qui nous rapproche petit à petit du Hellfest, La Mandragore met en place une nouvelle rubrique visant à parler des groupes qui y seront. Une façon de découvrir ou redécouvrir des formations et de ne rien rater les 18, 19 & 20 juin prochains.

Après avoir parlé de Bloodbath comment ne pas enchainer sur Katatonia ? Un nom qui a fait pétiller mon regard à la lecture des annonces officielles du festival français, malgré un dernier album qui m'a énormément déçue.

Katatonia se forme en 1991 en Suède (sans surprise) et ce qui m'a beaucoup frappé c'est le peu de changement de line-up malgré seize albums depuis dix huit ans, tout de même.

Commençons par le commencement (qui se fait en plus en beauté).

En 1993 le groupe enregistre sa première Demo, Jhva Elohim Meth... The Revival.

Cette démonstration musicale nous est composée de Lord Seth (qui n'est autre que Jonas Renkse qui aujourd'hui, et depuis un moment, a repris sa réelle identité) au chant et à la batterie, Blakkheim (alias Anders Nyström) à la basse et à la guitare, ainsi que Dan Swanö aux claviers et au chant clair (notons que c'est également lui qui s'occupe de l'enregistrement de la Demo et de son mixage).

Je ne me cache pas d'avoir découvert cette première petite galette il y a peu de temps, mais quelle tronche ! La comparaison avec leurs productions actuelles est tout à fait fascinante, on ne reconnait presque rien de leur griffe originelle. Personnellement, et c'est réellement un avis subjectif, je préfère de loin leur période Death Doom, ou comme ici Black Doom, à leur évolution Dark Metal Prog et compagnie.

La démo au nom imprononçable qui m'a pris dix minutes pour l'écrire correctement est un vrai bijou. Je ne sais pas comment expliquer le coup de coeur que j'ai eu pour elle, parce que quoi qu'il arrive je suis une inconditionnelle de Katatonia, et quand ça nous touche vraiment on ne peut pas toujours l'expliquer facilement.

Ceci dit, je pense que c'est la pureté de la musique qui transcende, qui fait son oeuvre. Alors je vous en supplie, essayez de poser une oreille (non, les deux !) dessus avant d'aller les voir sur scène.

1993 : Dance Of December Souls

Premier album du groupe, sorti donc très vite après ...The Revival (oui, je suis feignante), toujours aux influences Black mais oscillant avec plus de Death que précédemment, il propose aussi des compostions beaucoup plus lourdes que son prédécesseur, le Doom habite de plus en plus le groupe et le quelque peu mélodique montre le bout de son nez, mais pour combien de temps ?

Ceci peut en partie s'expliquer par la première variation de line-up : il y a intégration de Israphel Wing à la basse. Début d'une évolution ?

Un bon album dans le genre, le début de la création d'un groupe aujourd'hui culte. Je suis fan des premiers albums, ne m'en voulez pas d'en faire des tonnes, je retiens mon gène lyrique...

1995 : For Funerals To Come (EP)

C'est fait, on passe des deux pieds dedans au Doom jusqu'au cou et on aime ça. Katatonia devient avec cet album un grand nom du genre Death Doom. Cet album remporte toujours une partie de ma préférence, à écouter, à juger par vous même (ça m'évitera de me répéter et de me répandre encore en éloges).

Cet EP marque le départ de Swanö et Wing au profit de Le Huche à la basse.

On remarque des apparitions dans les rythmes, les ponts et les intros du Katatonia actuel, For Funerals To Come se veut plus progressif, plus axé sur les mélodies, mais perd un peu en puissance. Dommage.

1996 : Slip LP, Katatonia/Primordial

Un slip album que je n'ai jamais eu l'occasion d'entendre, d'une durée de presque seize minutes (à quelques secondes près) et composé de deux titres : Scarlet Heavens pour Katatonia et To Enter Pagan pour Primordial.

Mais ne soyez pas déconfits à l'idée d'avoir très peu de chances de vous le procurer, le titre de Katatonia est disponible sur un EP dont je vais vous parler dans la suite de l'article.

[Pour les plus pressés : il s'agit de Saw You Drown de 1998]

1996 : Brave Murder Day

Cet album composé de seulement six titres est une perle inaliénable de l'esprit d'origine du groupe, et de sa carrière même s'il est déroutant d'avoir un Mikael Akerfeldt au chant (Jonas Renkse ayant une extinction de voix pour l'enregistrement, ce qui sera aussi le cas pour l'EP qui suivra cet album).

C'est violent, c'est lourd, c'est haineux. C'est désespéré tout en ayant des apparitions de souffles de la rédemption. C'est dans les teintes parfaites pour s'inscrire définitivement dans le genre, c'est bon tout simplement.

Pour ce qui est du line-up, la basse revient de nouveau à Anders Nyström, Jonas Renkse se retrouve principalement derrière des fûts (ainsi qu'au peu de chant clair qui y est proposé, souvent au niveau de quelques choeurs), Mikael Akerfeldt est donc au chant guttural et pour finir, un nouveau (et second) guitariste du nom de Fredrik Norrman.

1997 : Sounds Of Decay (EP)

Dès les premières secondes on retrouve le chant que je reconnaîtrais parmi des centaines de Mr. Akerfeldt. Cet EP prend la suite de Brave Murder Day avec beaucoup de naturel, que ce soit pour les artistes comme pour les auditeurs. C'est puissant, c'est poignant, c'est un délice à reproduire encore et encore.

1998 : Discouraged Ones

Enorme changement ! Le chant passe du guttural des branches extrêmes au chant clair, par le "nouveau" Jonas Renkse ! C'est très beau, mais c'est choquant. Le passage ne se fait pas en douceur à l'image de la transition qu'à pu faire un groupe comme Anathema, d'où le choc, le changement de parcours radical, et presque d'identité musicale. La basse revient maintenant à Mikael Oretoft.

C'est probablement à partir de cet album qu'une partie des auditeurs vont davantage apprécier le groupe, c'est ce que j'en déduis de certaines chroniques vis à vis de leur dernier album, Night Is The New Day. Quitte à me faire lyncher, autant vous donner de bonnes raisons : Katatonia n'est pas si l'on considère ce groupe uniquement sur une période de sa créativité. Katatonia ça a été de l'extrême, et si un certain public ne sait pas l'apprécier à sa juste valeur, moi non plus je suis loin de les apprécier eux et leurs chroniques, je m'essuie avec.

Un album beaucoup plus abordable, que je vous conseille encore. C'est une redécouverte du titre Deadhouse pour moi, l'un de ceux qui m'ont fait découvrir le groupe il y a quelques années.

1998 : Saw You Drown (EP)

Un EP à deux vies : les trois premiers titres sont des nouveautés à l'époque, mais la présence de Scarlet Heavens (dont je vous ai parlé quand j'ai abordé le sujet du Split album avec Primordial) nous ramène délicieusement en arrière (non sans surprise, car on s'attend à un tout autre genre), car enregistrée en 1994.

Il reprend deux titres de l'album précédent, à savoir Saw You Drown et Nerve. Les membres de Katatonia y ajoutent le titre Quiet World, et la fameuse piste de 1994.

Un EP qui ne transporte pas à tous les coups, agréable mais pas indispensable, un petit plaisir en somme.

1999 : Tonight's Decision

Oretoft s'en va, Swanö revient comme batteur de session. La basse revient à Norrman, qui s'occupe toujours de la guitare.

D'entrée de jeu on sent que le côté dépressif est un peu mis en arrière pour plus de vitesse, et donc un rééquilibre de la hargne de la musique, maintenant plus soft et même parfois classée comme Rock (mon dieu !).
For My Demons m'a conquise il y a bien longtemps donc je ne peux faire autrement que de dire que l'album commence très bien. On retrouve des effluves mâles, une voix partant de temps en temps à la Peter Steele, je frétille.

Un très bon album, dans la lignée du mainstream de qualité et sombre, ambiancé et inspiré.

2001 : Last Fair Deal Gone Down

Petite baisse de forme pour Katatonia sur cet album. Pas de prise de risque, une impression de recyclage d'identité et d'abus de compositions qui fonctionnent toutes de la même manière. C'est du Dark variété à mon gout.

Au niveau du line-up, un second Norrman (mais au prénom de Mattias cette fois-ci) fait son entrée et s'occupe de la basse et le nouveau batteur, Daniel Liljevist, prend également place.

Après ce jugement un peu dur, restons tout de même réalistes, il y a des qualités, Katatonia sera toujours et ceci car ils ont du talent et des compositions à revendre. Mais ce n'est pas l'album à découvrir d'urgence, loin de là.

Il fait dans la continuité sans se démarquer (en dehors des intégrations plus électros que j'aimerais oublier), c'est là sa principale faiblesse.

Un Ep l'accompagne la même année, Teargas, reprenant le titre éponyme ainsi que proposant Sulfur et March 4, inédits. Ennuyeux.

Puis en 2001 sort un second EP rattaché à cet album, Tonight's Music qui comportera deux titres enregistrés par un studio différent de l'album en lui même, en plus de la version single de la meilleure chanson de Last Fear Deal Gone Down - à mon gout. Le dit tube sauve le tout, sans que les autres morceaux soient spécialement désagréables, ils sont surtout éteints.

2003 : Viva Emptiness

Katatonia reprend du poil de la bête et nous offre un album plus varié avec des compositions plus réfléchies et plus travaillées, du moins ils nous donnent cette impression. Un excellent album représentatif de la seconde période du groupe, que je recommande chaudement. A la Opeth, il regroupe et nous sert des titres tantôt énergiques et malins, tantôt de la mélancolie à trancher au couteau et de la tristesse incroyable. Une beauté qu'il me faut partager avec vous.

2004 :
Brave Yester Days (Best Of)


Deux disques (soit vingt-trois morceaux) retraçant la carrière du groupe de leur Death/Black Doom Metal à leur Dark/Depressive Rock.

2005 : The Black Sessions (Live Album)

Composé de deux disques comportant trente titres de la discographie du groupe, et un DVD live enregistré à Cracovie (Pologne) dans le cadre de la tournée pour Viva Emptiness.

2006 : The Great Cold Distance

Cet album est tellement beau, achevé et passionnant pour les oreilles qu'il est peut être la cause de ma déception de 2009. Il frôlait la prestation quasi parfaite de ce que l'on attendait de Katatonia.

Trop parfaite et difficilement égalable il faut croire.

Je recommande vivement cet album à tout le monde, et s'il ne finit jamais dans votre collection de disques, qu'importe, écoutez-le et laissez-vous convaincre d'aller les voir en juin prochain. Katatonia est une formation qui ne se rate pas. - La fan parle -

Deux Ep sont produits suite à cet album : Deliberation et July. Je ne dirais qu'une chose : l'album se suffit à lui-même.

2007 : Live Consternation (Live Album)

L'enregistrement sur disque live et DVD de la prestation du groupe à l'occasion du Summerbreeze (Allemagne) en 2006 - le 17 aout pour être totalement précise.

2009 : Night Is The New Day

J'ai déjà évoqué le sujet dans une chronique dans la Mandragore (n°2, téléchargeable en haut de la colonne ci-contre).

lundi 30 novembre 2009

Le bûcher : plein feu sur… BLOODBATH

En vue du temps qui nous rapproche petit à petit du Hellfest, La Mandragore met en place une nouvelle rubrique visant à parler des groupes qui y seront. Une façon de découvrir ou redécouvrir des formations et de ne rien rater les 18, 19 & 20 juin prochains.


Bloodbath se forme en 1998 à Stockholm grâce aux comparses que sont alors Mikael Akerfeldt au chant (tout comme dans Opeth, avouons que le Monsieur est doué), Anders Nyström à la guitare (officiant en solitaire dans Diabolical Masquerade mais également dans Katatonia) doublé de Per Eriksson qui lui aussi joue du manche à six cordes. On y retrouve également Jonas Renkse qui troque le micro qu’il occupe dans Katatonia pour une basse, et Dan Swanö à la batterie (Edge Of Sanity).


Les présentations étant faites, on ne s’étonne plus à la découverte du genre du groupe, du Death, qui plus est qui tâche. En selle !


1999 : Breeding Death (EP)


Composé de trois titres (Breeding Death, l’excellente Ominous Bloodvomit et Funrace Funeral), Bloodbath nous sert un Death sans concession, avec rapidité et violence, mais toujours avec un zeste de lourdeur et de lenteur propre à Opeth et Katatonia. Un mélange qui fait son effet et qui plait, je pense, à tout amateur de Death.


2002 : Resurrection Through Carnage


Plus rapide, plus violent, plus maitrisé, cet album est sans aucun doute l’une des meilleures créations du groupe. A savourer sans craindre l’abus. La voix de M. Akerfeldt soutien mieux les compositions, et D. Swanö a fait gagner en puissance à sa batterie. Malsain et sale, personnellement je persiste à dire que c’est une perle.


2004 : Nightmares Made Flesh


C’est l’année des changements, l’album du début des doutes peut être.



Akerfeldt préfère se consacrer pleinement à Opeth et quitte donc le groupe, Dan Swanö délaisse sa batterie pour une guitare, laissant ainsi la place vacante à Martin Axenrot (qui trouvera sa place dans Opeth en 2006). Le choix sensible du chant se laisse séduire par Peter Tägtgren (Hypocrisy, et aujourd’hui Pain).


Ce dernier donne au groupe une voix sombre et caverneuse qui lui sied parfaitement mais ajoute également des passages en chant Black qui ajoutent à la richesse et à la violence des compositions. La batterie est une nouvelle fois plus rapide, Martin Axe nous offre son talent sans retenue, et les guitares suintent pour le plus grand plaisir de nos oreilles affamées.


2005/2008 : The Wacken Carnage



Un enregistrement live de la prestation du groupe en 2005 au Wacken Open Air, en Allemagne.


2008 : Unblessing The Purity



Cet EP marque le retour de M. Akerfeldt avec une voix plus sombre que jamais, plus froide et saisissante qu’auparavant, maitrisée comme les fans ont pu le remarquer aux aussi vis-à-vis de l’évolution de Opeth. Ceci dit, la voix me plait, mais si l’on parle d’un tout, les premiers albums de ce grand monsieur me siéent davantage.


La même année : The Fathomless Mastery